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15 août 2009

>>> TRAUER UM JACQUES TEYSSIER

Berlin, 15. August 2009 - queer.de

Von Christian Scheuß

Der langjährige Schwulenaktivist und Ehemann von Volker Beck starb am vergangenen Samstag. Er wurde 53 Jahre alt.

Da brütete man als junger Schwulenaktivist stundenlang zur Vorbereitung über Konzepte und Pläne, stellte sie anschließend im Gremium vor, um dann von einem Mann mit charmanter Standhaftigkeit gestoppt zu werden."Das geht so nicht!", teilte Jacques Teyssier kategorisch und lächelnd mit, verschränkte die Arme und wartete schweigend. Man musste sich nun so lange abstrampeln und die Pläne ändern, bis sein Lächeln zu einem breiten Grinsen wurde, und er nickend feststellte: "Ja, so geht es!" Jacques Teyssier wird vielen so in Erinnerung bleiben. Er starb am vergangenen Samstag in Berlin im Alter von 53 Jahren an einem langwierigen Krebsleiden.

Es ist zu vermuten, dass er seiner Erkrankung mit derselben Fähigkeit zum freundlich-hartnäckigen Aussitzen begegnet ist. Doch eine langjährige und mitunter mit Komplikationen verlaufende HIV-Infektion hat ihren Teil dazu beigetragen, dass der Krebs, der 2007 diagnostiziert worden war, am Ende siegen konnte. Eine Chemotherapie in Paris schlug nicht mehr an. Auf dem CSD in Köln Anfang Juli ging die Nachricht bereits herum: Jacques liegt im Sterben.

Jacques Teyssier kannte man zum einen als engagierten Aktivisten der schwul-lesbischen Community. So arbeitete er lange Zeit beim Lesben- und Schwulenverband in Deutschland (LSVD), war dort als Schatzmeister und Bundesvorstand tätig. Auch bei der Gründung der Menschenrechtsstiftung des LSVD, der Hirschfeld-Eddy-Stiftung und als Vertreter des Verbandes bei der "International Lesbian Gay Bisexual Trans and Intersex Association" (ILGA) war er beteiligt. 2009 wurde er in Anerkennung seiner Arbeit für den LSVD und seines internationalen Engagements für die Rechte von Lesben und Schwulen zum Ehrenvorsitzenden des Verbandes ernannt. "Wir trauern, haben einen guten Freund und Kollegen verloren und werden Jacques niemals vergessen" hieß es am Montag in einer Pressemitteilung des LSVD.

Der in Annonay in der französischen Region Rhône-Alpes geborene Diplomkaufmann war aber auch als langjähriger Partner des Grünenpolitikers Volker Beck bekannt. Sie verliebten sich vor 17 Jahren, lebten seit 1992 zusammen. Im letzten Jahr gab sich das Paar das offizielle Ja-Wort.

Jacques war zuvor bereits in schweren Stunden an Volkers Seite gewesen, etwa 2006, als beide auf dem CSD in Moskau attackiert wurden. Beck hatte in den vergangenen Monaten alle Termine abgesagt und seinen Lebenspartner auf dessen letztem Weg begleitet.

7 juin 2009

>>> 'LE CINÉMA FRANÇAIS OFFRE UNE VISIBILITÉ ET UNE RECONNAISSANCE IMPORTANTES AUX HOMOS'

7 juin 2009 - Têtu

Par Brigitte Lance

INTERVIEW. Dans l'essai «Le Cinéma français et l'homosexualité», deux journalistes dissèquent les rapports entre gaytitude et septième art en France. Pour TÊTU, Didier Roth-Bettoni fait le point sur cette spécificité.

Le 20 mai dernier est sorti Le cinéma français et l'homosexualité, un livre co-écrit par Anne Delabre (collaboratrice régulière pour TÊTU et TÊTUE.com) et Didier Roth-Bettoni, deux journalistes indépendants, experts du 7ème art. Ecrit dans le souci du détail, richement alimenté par des entretiens menés auprès d'acteurs et de réalisateurs, ce livre fait une analyse à la fois originale et intelligente du traitement de l'homosexualité dans les films. Essentiellement centré sur le genre classique, les comédies et le cinéma populaire, ce livre rend compte d'une représentation de l'homosexualité dans le cinéma français pas aussi taboue que l'on pourrait croire.

Notamment connu pour son ouvrage L'Homosexualité au cinéma et pour avoir été rédacteur en chef des magazines Ex-Aequo et Illico, Didier Roth-Bettoni a joué le jeu de l'interview pour nous apporter son analyse de l'homosexualité dans le cinéma made in france.

TÊTU: Peux-t-on parler d'un cinéma «homosexuel» à la française?
Didier Roth-Bettoni:
L'objet du livre n’est pas le cinéma homosexuel, mais l’homosexualité dans l’ensemble du cinéma français. Pour autant, l’une des motivations de ce travail, c’était effectivement de montrer qu’il existe des choses très spécifiques dans la manière dont le cinéma français a, tout au long de son existence, représenté les homosexuels, si on le compare avec ce qui s’est passé dans d’autres pays.

Peut-on identifier des différences entre les autres types de cinéma (américain ou asiatique par exemple) et celui français, dans les manières de filmer l'homosexualité et de la représenter?
Contrairement aux Etats-Unis, il n’y a jamais eu en France d’hostilité généralisée et officielle envers les gays et les lesbiennes à l’écran. Au contraire: on peut, à toute période, trouver des films présentant avec une bienveillance étonnante des personnages homos. C’est une véritable exception culturelle. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu de censure, de films homophobes en France. Juste que contrairement à la plupart des pays, ce n'était pas systématique. Il faut quand même se souvenir qu’aux Etats-Unis, entre 1934 et le milieu des années 60, il existait un code de censure qui interdisait notamment les personnages homosexuels, sauf si c’était pour en faire des personnages malfaisants, des malades, des pervers! Il n’y a jamais eu cela en France.

Enfin, la dernière spécificité du ciné français par rapport à l’homosexualité, c’est de voir que ce sujet est abordé de façon très frontale et très décomplexée par certains très grands réalisateurs qui, à partir des années 80-90, n’hésitent pas à parler de leur propre homosexualité dans leurs films sans que cela remette en cause leur statut et leur reconnaissance dans le cinéma français. Je pense à Patrice Chéreau, André Téchiné, François Ozon, etc.

Le traitement de l'homosexualité à travers le cinéma français, rend-il compte de la stigmatisation notamment des gays, ou bien au contraire, participe-t-il à faire l'écho d'une certaine libération/visibilité des homosexuels?
Pour en rester à la période récente, il très clair que le cinéma français offre une visibilité et une reconnaissance très importantes aux homosexuels, à la fois par le nombre de films présentant des personnages gays ou lesbiens (même au second plan) mais aussi par l’émergence de toute une génération de cinéastes ouvertement homos et parlant très naturellement d’homosexualité dans leurs films: les Ducastel-Martineau, Sébastien Lifshitz, Jacques Nolot, Ilan Duran Cohen, Céline Sciamma… Cela offre des modèles aux spectateurs, cela donne une image très diverse de l’homosexualité et des homosexuels et donc brise les stéréotypes, cela dédramatise, cela donne une forme de «banalisation» et de «normalisation» aux homos. C’est un enjeu essentiel.

Pourquoi avoir pris l'initiative d'écrire ce livre?
Pour moi, c’était une manière de poursuivre le travail que j’avais entamé avec mon livre précédent, L’Homosexualité au cinéma (éd. La Musardine), où je dressais un panorama mondial des représentations LGBT. Là, avec Anne Delabre, ma co-auteuse, on a voulu se concentrer sur cette exception française dont je parlais, en analysant les films bien sûr mais aussi en donnant la parole à de nombreuses personnalités qui ont participé à cette histoire: réalisateurs, acteurs, producteurs, spécialistes… On a donc réuni des documents, des interviews que ces personnalités avaient donné dans le passé et expliquant leurs démarches, et on les a complétés avec plus de quarante entretiens que nous avons réalisé spécialement pour ce livre.

Comment vous êtes-vous organisés avec Anne Delabre, était-elle en charge de l'analyse du cinéma «lesbien» et toi de celui «gay»?
Non, pas vraiment, parce que le livre n’est pas construit comme ça. Bien sûr, il y a des parties plus traitant spécifiquement des images des lesbiennes ou des gays —et là, c’est vrai qu’Anne s’est plutôt penchée sur les filles et moi sur les garçons: on ne se refait pas…— mais l’essentiel du bouquin est composé de sections concernant indifféremment gays et lesbiennes. Donc là, on s’est réparti selon nos centres d’intérêt: l’adolescence ou le sida pour Anne, la censure ou la comédie pour moi, chacun intervenant ensuite sur les parties de l’autre. Ça a été un travail de longue haleine…